Or (conj. de coord. et adv., nom masculin)


Définition de l'Académie française (éd. 1986)

conj. de coord. et adv. 

I.
X e siècle. Issu du latin (hac h)or(a) , « (à cette) heure, alors ». Utilisé d'abord adverbialement, puis également comme conjonction à partir du XII e siècle.
1. Conj. de coord. Sert à introduire un élément nouveau dans le discours, un fait nouveau dans la narration, parfois avec une valeur adversative. Or voici ce qui advint... Or c'est le contraire qui s'est produit. Or nous nous connaissions de longue date. Or mon père est d'un avis opposé. Après une digression ou une interruption, marque le retour à un point antérieur du discours ou la reprise de la narration. Or, pour revenir à ce que nous disions... Or donc, pour en revenir au fait, ainsi donc. Or donc il est parti. Or introduit une idée nouvelle, un nouvel argument dans un raisonnement, et lie notamment la mineure d'un syllogisme à la majeure. Le sage est heureux : Socrate est un sage, donc Socrate est heureux .
2. Adv. Dans la langue classique, s'employait familièrement pour interpeller, pour inviter, pour exhorter. Or ça, Monsieur. Or sus, commençons ! Anciennt. Or ou ses variantes ore ou ores se disaient pour Maintenant. Ores ne s'emploie plus aujourd'hui que dans la locution adverbiale d'ores et déjà, dès maintenant, désormais. L'affaire est d'ores et déjà réglée .


1ère signification de l'Académie française (éd. 1932-35)


Conjonction dont on se sert pour lier un discours à un autre. "Or, pour revenir à ce que nous disions."
Il sert aussi à lier une proposition à une autre, telle que la mineure d'un argument à la majeure. "Le sage est heureux : Socrate est sage, donc Socrate est heureux."
Il s'emploie familièrement pour exhorter, pour inviter ou pour marquer le début d'un récit. "Or çà, monsieur. Or sus, commençons. Or voici ce qui advint."



2ème signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Nom masculin 

Métal d'un jaune brillant, très ductile, très pesant, inaltérable à l'air, à l'eau, dont on fait les monnaies de la plus haute valeur et les ouvrages de bijouterie. "Or pur. Or fin. Or au titre. Or à vingt-quatre carats. Or vierge. Or de rivière. Or pâle. Paillettes d'or. Grains d'or. Sable d'or. Poudre d'or. Mine d'or. Fondre de l'or. Épurer l'or. Or en barre. Or en lingot. Lingot d'or. Battre de l'or. Batteur d'or. Or battu. Or en feuille. Feuille d'or. Or en coquille. Or en lames. Or mat. Or bruni. Chaîne d'or. Or massif. Pièce d'or. Monnaie d'or. Or monnayé. Médaille d'or."
Il se dit aussi, au pluriel, pour désigner les Différentes couleurs qu'on peut donner à l'or. "Une boîte de deux s. Des s de différentes couleurs."
Fig. et fam., "Je ne ferais cela ni pour ni pour argent, je ne ferais pas cela pour tout l' du monde", Aucun avantage ne pourrait me déterminer à le faire.
Fig. et fam., "On n'en peut avoir ni pour ni pour argent" se dit d'une Chose extrêmement rare.
Fig., "Acheter, vendre quelque chose au poids de l'or," L'acheter, le vendre fort cher.
Fig. et fam., "Il vaut son pesant d'or" se dit d'un Homme qui réunit beaucoup de qualités, d'un subalterne laborieux, attaché à ses devoirs.
Fig. et fam., "C'est de l' en barre" se dit d'un Effet, d'un billet, d'une marchandise dont on aura de l'argent comptant quand on voudra.
Prov. et fig., "Tout ce qui reluit n'est pas ," Tout ce qui a l'apparence de la richesse, du mérite n'en a pas toujours la réalité.
Fig., "Faire un pont d' à quelqu'un", Lui faire de grands avantages.
Fig., "Adorer le veau d'or", Avoir le culte de la richesse, ne penser qu'à s'enrichir.
OR se dit plus particulièrement de la Monnaie d'or, des espèces d'or, par opposition à celles qui sont d'argent ou d'autre métal, ou au papier-monnaie. "Se faire payer en ."
Fig., "Avoir des monceaux d'or", Avoir une grande richesse, être dans une grande opulence.
Fig., "Promettre des monts d'or", Promettre de grandes richesses, de grands biens, de grands avantages.
Fig., "Jeter l' à pleines mains", Se montrer prodigue.
Fig., "Rouler sur l'or", Être très riche, disposer de sommes importantes.
OR se dit aussi des Bijoux, des objets en . "Manger dans l'or," Manger dans de la vaisselle d'or.
OR se dit aussi du Fil de métal doré dont on fait des tissus ou des ouvrages de passementerie, des cordons, des étoffes, des broderies, etc. "Dentelle d'or. Frange d'or. Cordon d'or. Toile d'or. Drap d'or. Ouvrage broché d'or, brodé d'or. Broderie d'or. Paillettes d'or. Passements d' et d'argent."
Poétiq. et fig., "Des jours filés d' et de soie", Des jours heureux.
Fig. et fam., "Être tout cousu d'or", Être très riche.
OR signifie, au figuré, Richesse, opulence. "La soif de l'or".
Prov., "Ni l' ni la grandeur ne nous rendent heureux."
Or se dit, figurément et poétiquement, de Certaines choses qui sont jaunes et brillantes. "L' de sa chevelure. Des cheveux d'or. Des yeux d'or. L' des moissons."
OR s'emploie dans certaines expressions, dont nous citons quelques-unes, pour désigner Ce qui est précieux, excellent.
Fig. et fam., "C'est un coeur d'or", C'est un excellent coeur.
Fig. et fam., "Une affaire d'or", Une affaire très avantageuse.
Fig., "Livre d'or", Livre où sont inscrits les noms des familles, des personnages illustres, où sont consignés des événements mémorables.
Fig. et fam., "Il parle d'or", Il dit ce qu'il y a de mieux à dire en la circonstance.
Fig. et pop., "Saint Jean Bouche d'or", Homme qui dit toujours sa pensée avec franchise et sans ménagement. "C'est un saint Jean Bouche d'or."
"L'âge d'or, le siècle d'or," Les premiers temps du monde, où l'on suppose que les hommes vivaient dans l'innocence et le bonheur.
Fig., "C'est un homme de l'âge d'or," C'est un homme qui rappelle l'âge d' par ses vertus.
En termes d'Astronomie et de Chronologie, "Nombre d'or." Voyez NOMBRE.
OR se dit aussi d'Un des métaux du blason que, dans les armoiries peintes, on représente avec de l' ou avec du jaune, et que, dans les armoiries gravées, on distingue par des points. "Il porte d' à la tour de gueules. Il porte un lion d'or, trois aigles d'or."
Il se dit encore de Diverses compositions où il entre de l'or, et d'autres objets qui n'ont de commun avec l' qu'une certaine apparence.
"Or potable," Dissolution de chlorure d' que l'on prétendait très efficace pour la santé.



1ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française



Particule dont on se sert pour lier un discours à un autre. "Or, pour revenir à ce que nous disions."
Il sert aussi à lier une proposition à une autre, comme la mineure d'un argument à la majeure. "Le sage est heureux: Socrate est sage," ou " est-il que Socrate est sage; donc Socrate est heureux."
Il s'emploie familièrement pour exhorter, pour inviter. "Or dites-nous... Or sus commençons notre ouvrage. Or çà, monsieur."



2ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Subst. masculin 


Métal d'un jaune brillant, très-ductile, très-pesant, mou, inaltérable à l'air, insoluble dans les acides, et dont on fait les monnaies de la plus haute valeur, les ouvrages de bijouterie les plus précieux. "Bon . Vrai . Faux . Or pur. Or fin. Or de ducat. Or affiné. Or de coupelle. Bas . Or au titre. Or à vingt-quatre carats. Or vierge," ou "Or natif. Or de rivière. Or de Hongrie. Or pâle. Paillettes d'or. Grains d'or. Sable d'or. Poudre d'or. Mine d'or. Couleur d'or. Fondre de l'or. Épurer l'or. Affineur d'or. Or en lingot. Lingot d'or. Or mis en oeuvre. Enchâsser en . Or émaillé. Battre de l'or. Batteur d'or. Or battu. Or en feuille. Or de coquille. Or en lames. Or trait. Tireur d'or. Or filé. Or mat. Or bruni. Or moulu. Écriture en lettres d'or. Un marc d'or. Un hectogramme d'or. Cela se vend plus cher que l'or. On a pesé cela juste comme l'or. Filets d'or. Chaîne d'or. Agrafe d'or. Bouton d'or. Vaisselle d'or. Épée à garde d'or. Tout cela était d'or, de pur . Or massif. Étui, manche de couteau, etc., garni d'or. Louis d' de poids. Cela vaut cent louis d'or. Pièce d' de vingt francs, de quarante francs. Monnaie d'or. Or monnayé. Médaille d'or. On a décrié l' léger, l' d'Allemagne."
"Or de Manheim," Composition de cuivre et de zinc qui a l'apparence de l'or.
Abusivement, "Or blanc," Le platine. Il vieillit.



3ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



se dit quelquefois, au pluriel, pour signifier Les différentes couleurs qu'on peut donner à l'or. "Une boîte de deux s. Des s de différentes couleurs."



4ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



se dit plus particulièrement de La monnaie d'or, des espèces d'or, par opposition à Celles qui sont d'argent ou d'autre métal. "Il m'a payé tout en . Il cherche de l' pour porter en voyage. Demander de l' pour de l'argent blanc."



5ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



se dit aussi Du fil d'argent doré dont on fait des passements, des galons, des franges, des cordons, des étoffes, des broderies, etc. "Or de Paris, de Lyon. Dentelles d'or. Clinquant d'or. Frange d'or. Cordon d'or. Toile d'or. Drap d'or. Fond d'or. Ouvrage frisé d'or, broché d'or, brodé d'or. Broderie d'or. Paillettes d'or. Passement d' et d'argent."
"Défendre l' et l'argent," Défendre de porter des étoffes, des dentelles, etc., tissues de fil d'argent doré.



6ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



signifie figurément, Richesse, opulence. "L' supplée trop souvent au mérite. La soif de l'or."
Fig. et fam., "Je ne ferais cela ni pour ni pour argent, je ne ferais pas cela pour tout l' du monde," Aucun avantage ne pourrait me déterminer à le faire.
Fig. et fam., "On n'en peut avoir ni pour ni pour argent," se dit D'une chose extrêmement rare.
Fig. et fam., "Un marché d'or, une affaire d'or," Un marché très-avantageux, une affaire très-avantageuse.
Fig., "Acheter, vendre quelque chose au poids de l'or," L'acheter, le vendre fort cher.
Fig., "Marcher sur l' et sur l'argent," Être dans une grande opulence. On dit dans le même sens, "Avoir des monceaux d'or, être tout cousu d'or."
Fig. et fam., "C'est de l' en barre," se dit D'un effet, d'un billet, d'une marchandise dont on aura de l'argent comptant quand on voudra.
Fig. et fam., "Il vaut son pesant d'or," se dit D'un homme qui réunit beaucoup de qualités sociales; et D'un subalterne, d'un domestique laborieux, attaché à ses devoirs. On dit dans le même sens, "C'est un homme d'or."
Fig. et fam., "C'est un coeur d'or," C'est un excellent coeur.
Fig., "C'est un livre d'or," se dit D'un livre excellent, et particulièrement D'un petit livre qui contient beaucoup d'idées justes et d'une utilité pratique. "Le manuel d'Épictète est un livre d'or."
Fig. et fam., "Il dit d'or, il parle d'or," Il dit ce qu'il y a de mieux à dire dans la circonstance, ou de plus satisfaisant pour celui à qui il parle.
Fig. et pop., "Saint Jean bouche d'or," Homme qui dit toujours sa pensée avec franchise et sans ménagement. "Je sais saint Jean bouche d'or. C'est un saint Jean bouche d'or."
Prov. et fig., "Tout ce qui reluit n'est pas ," Tout ce qui a l'apparence de la richesse, du mérite, n'en a pas toujours la réalité.
Prov. et fig., "Promettre des monts d'or," Faire de grandes promesses; promettre de grands avantages, de grands biens, de grandes richesses.
Prov. et fig., "Faire un pont d' à l'ennemi," Lui faciliter la retraite, même par quelque sacrifice. "Faire un pont d' à quelqu'un," Lui faire de grands avantages pour le déterminer à se désister de quelque prétention, à quitter une place, un emploi. "On lui a fait un pont d'or, on lui a donné une belle ambassade pour lui faire quitter le ministère."
Prov., fig. et pop., "Adorer le veau d'or," Faire sa cour à un homme riche, pour en tirer quelque avantage.
Prov. et fig., "C'est l'histoire de la dent d'or, c'est la dent d'or," se dit D'une prétendue merveille, d'un prétendu prodige, qu'il faudrait vérifier avant d'y croire, et de vouloir l'expliquer.



7ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



se dit, figurément et poétiquement, de Certaines choses qui sont jaunes et brillantes. "L' de sa chevelure. L' des moissons."
"L'âge d'or, le siècle d'or," Les premiers temps du monde, où l'on suppose que les hommes vivaient dans l'innocence et le bonheur. "L'âge d' est une des fictions les plus agréables de la mythologie. Les flatteurs disaient à ce prince qu'il ramenait le siècle d'or."
Fig., "C'est un homme de l'âge d'or," C'est un homme qui rappelle l'âge d' par sa vertu, par sa probité, par l'innocence de ses moeurs. On dit dans le même sens, "Il a les moeurs de l'âge d'or."
Poétiq. et fig., "Des jours filés d' et de soie," Des jours heureux.



8ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



se dit aussi d'Un des métaux du blason, que dans les armoiries peintes on représente avec de l' ou avec du jaune, et que dans les armoiries gravées on distingue par des points. "Il porte d' à la tour de gueules. Il porte un lion d'or, trois aigles d'or."
"Or fulminant," Poudre jaunâtre, qui s'obtient en ajoutant de l'ammoniaque à la dissolution d'or, et qui détone par la chaleur ou par la pression.
"Or potable," Liqueur que les anciens chimistes disaient être de l' dissous radicalement, et qu'ils prétendaient être très-efficace pour la santé.
En Astron. et en Chronol., "Nombre d'or," Le nombre dont on se sert pour marquer chaque année du cycle lunaire, qui est une révolution de dix-neuf années, au bout desquelles les nouvelles et les pleines lunes retombent à peu près au même jour et à la même heure.



1ère ancienne définition de 1798 (Académie Française)



Particule dont on se sert pour lier un discours à un autre. "Or, pour revenir à ce que nous disions".



2ème ancienne définition de 1798 (Académie Française)



Or, est aussi une particule qui sert à lier une proposition à une autre, comme la mineure d'un argument à la majeure. "Le sage est heureux: Socrate est sage;" ou, " est-il que Socrate est sage: donc, etc."
Il sert aussi de particule qui exhorte, qui convie; et dans cette acception, il n'est que du discours familier. "Or dites-nous. Or sus commençons notre ouvrage. Or ça, Monsicur".



3ème ancienne définition de 1798 (Académie Française)



Métal jaune, le plus précieux, le plus parfait, le plus ductile et le plus pesant de tous. "Bon . Vrai . Faux . Or pur. Or fin. Or de ducat. Or de coupelle. Bas . Or à vingt-quatre carats. Or de rivière. Or de Hongrie. Or pâle. Paillettes d'or. Grains d'or. Sable d'or. Poudre d'or. Mine d'or. Fondre de l'or. Epurer l'or. Affineur d'or. Or en lingot. Lingot d'or. Or mis en oeuvre. Enchâsser en . Or émaillé. Battre de l'or. Batteur d'or. Or battu. Or en feuille. Or de coquille. Or trait. Tireur d'or. Or mat. Or bruni. Or moulu. Écriture en lettres d'or. Un marc d'or. Une once d'or, etc. Cela se vend au poids de l'or, plus cher que l'or. L'on a pesé cela juste comme l'or. Filets d'or. Chaîne d'or. Agraffe d'or. Bouton d'or. Épée à garde d'or. Tout cela étoit d'or, de pur . Or massif. Étui, manche de couteau, etc. garni d'or. Ecus d'or. Louis d' de poids. Cela vaut cent louis d'or. Médaille d'or. On a décrié l' léger, l'or d'Allemagne".



4ème ancienne définition de 1798 (Académie Française)



Or, signifie plus particulièrement De la monnoie d'or, des espèces d'or. par opposition à celles qui sont d'argent ou d'autre métal. "Il m'a payé tout en . Il cherche de l' pour porter en voyage. Demander de l' pour de l'argent blanc".



5ème ancienne définition de 1798 (Académie Française)



Or, signifie figurément Richesse, opulence. "L' supplée souvent au mérite et à la beauté".
On dit figurément et familièrement, "Je ne ferai cela ni pour ni pour argent, pas pour tout l' du monde".
On dit d'Un homme fort pécunieux, qu'"Il a des monceaux d'or;" et familièrement, qu'"Il est tout cousu d'or".
On dit figurément et familièrement d'Un effet, d'un billet, d'une promesse, "C'est de l' en barre," pour dire, qu'On en aura de l'argent comptant quand on voudra, que cela est aussi sûr que de l'argent comptant.
On dit aussi familièrement, d'Un homme qui réunit les qualités sociales les plus essentielles, que "C'est un homme qui vaut son pesant d'or;" et cela se dit encore d'Un subalterne, d'un domestique laborieux et attaché à ses devoirs.
On dit figurément et familièrement, qu'"Un homme dit d'or, parle d'or," pour signifier, qu'Il dit ce qu'il y a de mieux à dire dans la circonstance, ou de plus satisfaisant pour celui à qui il parle; et on appelle populairement, "Saint Jean bouche d'or," Un homme qui dit toujours sa pensée avec franchise et sans ménagement.
On dit proverbialement, "Tout ce qui reluit n'est pas ," pour dire, que Tout ce qui a l'apparence d'être bon, ne l'est pas; "Promettre des monts d'or," pour dire, Faire de grandes promesses, promettre de grands avantages, de grands biens, de grandes richesses; et qu'"Il faut faire un pont d' àl'ennemi". Voyez Pont.



6ème ancienne définition de 1798 (Académie Française)



Or, se dit aussi De ce fil d'argent doré dont sont faits les passemens, galons, dentelles, cordons, rubans, etc. "Or de Paris. Or de Lyon. Dentelles d'or. Clinquant d'or. Frange d'or. Cordon d'or. Toile d'or. Drap d'or. Fond d'or. Or trait. Frisé d'or. Broché d'or. Brodé d'or, brodé en . Broderie d'or, broderie en . Paillettes d'or. Passemens d' et d'argent". En ce sens on dit, "On a défendu l' et l'argent," pour dire, qu'On a défendu de porter des étoffes, des dentelles, etc. tissues de fil d'argent doré.
On dit figurément et familièrement, "Un marché d'or, une affaire d'or," pour dire, Un marché très-avantageux, une affaire très-avantageuse.



7ème ancienne définition de 1798 (Académie Française)



Or, se dit aussi au pluriel, pour signifier Les différentes couleurs qu'on peut donner à l'or. "Une boîte de deux ors. Des s de différentes couleurs".



8ème ancienne définition de 1798 (Académie Française)



Or, se dit poétiquement De certaines choses qui sont jaunes et brillantes. "L' de sa chevelure. L' des moissons".
Les Poëtes ont appelé "Âge d'or, siècle d'or," Les premiers temps du monde, où les hommes vivoient en paix et dans l'innocence. Et quand on veut marquer un règne heureux, un temps heureux, on dit, "Un siècle d'or. Ce Prince nous ramenera le siècle d'or".
On dit aussi poétiquement, "Des jours filés d' et de soie," pour dire, Des jours heureux.



9ème ancienne définition de 1798 (Académie Française)



Or, est un des deux métaux qu'on emploie dans les armoiries, et qu'on peint ou avec de l'or, ou avec du jaune. On le distingue par des points dans la Gravure. "Il porte d' à la tour de gueules. Il porte un lion d'or, trois aigles d'or".
Les Chimistes appellent "Or potable," Une liqueur qu'ils disent être de l'or dissous radicalement par voie de chimie, et qu'ils prétendent être très-efficace pour la santé.
Les Astronomes et les Chronologistes appellent "Nombre d'or," Le nombre dont on se sert pour marquer chaque année du Cycle lunaire, qui est une réyolution de dix-neuf années, au bout desquelles les nouvelles et pleines lunes retombent à peu près au même jour et à la même heure. ORA



1ère signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)



dont on se sert pour lier un discours à un autre. "Or, pour revenir à ce que nous disions."



2ème signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)



est aussi une particule qui sert à lier une proposition à une autre, comme la mineure d'un argument à la majeure. "Le sage est heureux: Socrate est sage;" ou, " est-il que Socrate est sage: donc, &c."
Il sert aussi de particule qui exhorte, qui convie. Et dans cette acception, il n'est que du discours familier. "Or dites-nous. Or sus commençons notre ouvrage. Or çà, Monsieur."



3ème signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)



Métal jaune, le plus précieux, le plus parfait, le plus ductile & le plus pesant de tous. "Bon . Vrai . Faux . Or pur. Or fin. Or de ducat. Or de coupelle. Bas . Or d'Allemagne. Or à vingt-quatre carats. Or de rivière. Or de Hongrie. Or pâle. Paillettes d'or. Grains d'or. Sable d'or. Poudre d'or. Mine d'or. Fondre de l'or. Épurer l'or. Affineur d'or. Or en lingot. Lingot d'or. Or mis en oeuvre. Enchâsser en . Or émaillé. Battre de l'or. Batteur d'or. Or battu. Or en feuille. Or de coquille. Or trait. Tireur d'or. Or mat. Or bruni. Or moulu. Écriture en lettres d'or. Un marc d'or. Une once d'or, &c. Cela se vend au poids de l'or, plus cher que l'or. L'on a pesé cela juste comme l'or. Cette maison est belle, ce n'est qu' & azur. Filets d'or. Chaîne d'or. Agraffe d'or. Bouton d'or. Épée à garde d'or. Tout cela étoit d'or, de pur . Or massif. Étui, manche de couteau, &c. garni d'or. Écus d'or. Louis d' de poids. Cela vaut cent louis d'or. Médaille d'or. On a décrié l' léger, l' d'Allemagne."



4ème signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)



signifie plus particulièrement De la monnoie d'or, des espèces d'or, par opposition à celles qui sont d'argent ou d'autre métal. "Il m'a payé tout en . Il cherche de l' pour porter en son voyage. Demander de l' pour de l'argent blanc."



5ème signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)



signifie figurément Richesse, opulence. "L' supplée souvent le mérite & la beauté."
On dit fig. & fam. "Je ne ferai cela ni pour ni pour argent, pas pour tout l' du monde."
On dit d'Un homme fort pécunieux, qu'"Il a des monceaux d'or." Et familièrement, qu'"Il est tout cousu d'or."
On dit figurément & familièrement, qu'"Une chose est de l' en barre," pour dire, que C'est une chose dont on aura de l'argent comptant quand on voudra.
On dit aussi d'Un homme serviable, officieux, d'un commerce aisé & agréable, que "C'est un homme qui vaut son pesant d'or." Et il se dit encore d'Un subalterne, d'un domestique laborieux & attaché à ses devoirs.
On dit figurément & familièrement, qu'"Un homme dit d'or, parle d'or," pour signifier, que Ce qu'il dit est sage & raisonnable. Et on appelle populairement, "Saint Jean bouche d'or," Un homme qui dit toujours sa pensée franchement & sans égards.
On dit proverbialement, "Tout ce qui reluit n'est pas ," pour dire, que Tout ce qui a l'apparence d'être bon, ne l'est pas. "Promettre des monts d'or," pour dire, Faire de grandes promesses, promettre de grands avantages, de grands biens, de grandes richesses: Et qu'"Il faut faire un pont d' à l'ennemi." Voyez PONT.



6ème signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)



se dit aussi De ce fil d'argent doré dont sont faits les passemens, galons, dentelles, cordons, rubans, &c. "Or de Milan. Or de Paris. Dentelles d'or. Clinquant d'or. Frange d'or. Cordon d'or. Toile d'or. Drap d'or. Fonds d'or. Or trait, Frise d'or. Broché d'or. Brodé d'or. Broderie d'or. Passemens d' & d'argent." En ce sens on dit, "On a défendu l' & l'argent," pour dire, qu'On a défendu de porter des étoffes, des dentelles, &c. tissues de fil d'argent doré.



7ème signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)



se dit poëtiquement De certaines choses qui sont jaunes & brillantes. "L' de ses cheveux. L' des moissons."
Les Poëtes ont appelé "Age d'or, siècle d'or," Les premiers temps du monde, où les hommes vivoient en paix & dans l'innocence. Et quand on veut marquer un règne heureux, un temps heureux, on dit, "Un siècle d'or. Ce Prince nous ramenera le siècle d'or."
On dit aussi poëtiquement, "Des jours filés d' & de soie," pour dire, Des jours heureux.



8ème signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)



est un des deux métaux qu'on emploie dans les armoiries, & qu'on peint ou avec de l'or, ou avec du jaune. On les distingue par des points dans la Gravure. "Il porte d' à la tour de gueules. Il porte un lion d'or, trois aigles d'or."
Les Chimistes appellent "Or potable," Une liqueur qu'ils disent être de l' dissous radicalement par voie de chimie, & qu'ils prétendent être très-efficace pour la santé.
Les Astronomes & les Chronologistes appellent "Nombre d'or," Le nombre dont on se sert pour marquer chaque année du Cycle lunaire, qui est une révolution de dix-neuf années, au bout desquelles les nouvelles & pleines lunes retombent à peu près au même jour & à la même heure. "Cette année I76I, le nombre d' est I4."



1ère définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)



"OR", est très-bref dinairement et l'"o" tout-à-fait fermé. "Castor", "butor", "encor", etc. un peu moins fermé, mais très bref dans "essor", "or", "trésor", soner du "cor"; et de même, quand il est suivi d'un "d" ou d'un "t"; "bord", "éfort", etc. Mais suivi d'une "s", il est long: "hors", "alors", "trésors", "le corps", etc. D'OLIV.
   OR, conjonction. C'est une conjonction illative, qu'on emploie dinairement aprês une proposition générale. 'On ne doit compter pour vrais biens que ceux, qui ne peuvent se perdre: "or" les biens de la fortune peuvent se perdre aisément: donc ce ne sont pas de vrais biens. = Quelquefois, au lieu de la simple conjonction "or", on dit, " est-il que"; mais ce n'est guère que dans des disputes vives où l'on veut apuyer plus fortement sur ce que l'on dit.
   "Rem." "La Touche" dit (au comencement du siècle) que cette conjonction avait un peu vieilli, mais que tous les bons Auteurs l'employaient sans scrupule. = On a dit aûtrefois, "ores" pour "or", et le P. "Sicard" l'a encôre employé au comencement du siècle.
   "Or", est aussi interjection: on s'en sert pour exhorter et convier. '"Or", dites-nous! "Or" sus, començons! "Or çà"! Ordinairement on dit, "o çà", et il vaudrait mieux l'écrire de la sorte, en ajoutant pourtant une "h" à l'"o": "oh!" "çà".



2ème définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)

Subst. masculin 

Métal jaûne, le plus précieux, le plus ductile et le plus pesant de tous: 'Grain, paillette, poûdre, mine "d'or". "Or" pur, "or" fin, "etc." "etc." = Ce mot fournit à plusieurs façons de parler adverbiales. = "Parler d'or", pertinemment. = "Faire un pont d' à" quelqu'un; lui céder beaucoup pour se débarrasser d'une fâcheûse afaire.
- "Acheter au poids de l'or", fort cher.
- Il "vaut son pesant d'or"; il vaut beaucoup.
- "Cousu d'or", fort riche.
   Son voisin, au contraire, étant tout "cousu d'or",
   Chantoit peu, dormoit moins encor.
       "La Font."
On dit, dans le même sens, avoir "des monceaux d'or". = Je ne ferai cela "ni pour ", "ni pour argent", pas "pour tout l' du monde;" pour quelque avantage que ce puisse être. = "Saint Jean bouche d'or", homme qui dit toujours sa pensée franchement et sans égards. = Le proverbe dit: "tout ce qui reluit n'est pas ;" tout ce qui a l'aparence d'être bon, ne l'est pas. Voy. BâRRE, MONT, VEAU.
   OR se dit "poétiquement" de certaines chôses jaûnes et brillantes. L'"or" de "ses cheveux": l'" de" moissons. = "Àge d'or", "siècle d'or": les premiers tems du monde, où les hommes vivaient en paix et dans l'inocence. '"L'âge d'or" est une fâble. = Des jours filés d'"or" et de soie; des jours heureux.




Emplacement dans le dictionnaire :

optimisme
optimiste
option
optique
opulemment
opulence
opulent
opuntia
opuscule

or blanc
oracle
orage
oragé
orager
orageusement
orageux
oraison
oral
orale
oralement




Quelques citations relatives :

Citation n°1 de Jean MORÉAS (Iphigénie)

...de mon lit, ô Cypris, cette flèche amère ! De l'opprobe garde mon coeur et qu'un beau renom je mérite ; que je connaisse ta douceur, mais non ta fureur, Aphrodite ! Ô Pâris aux cheveux d'or, ah ! Que n'es-tu pas encor bouvier de génisses blanches ! Près des sources, sous les branches, que n'es-tu pas occupé du matin au soir à faire résonner comme naguère un roseau par toi coupé ! Mais...


Citation n°2 de Jean MORÉAS (Iphigénie)

...dans son lit ? Agamemnon Zeus l'aimait, de Zeus elle conçut Eaque qui régna sur l'opulente Enone. Clytemnestre a quel fils en mourant laissa-t-il sa couronne ? Agamemnon a son fils Pélée. Or, avec l'aveu des dieux, celui-ci s'unit à Thétis aux beaux cheveux, déesse de la mer, rejeton de Nérée. Clytemnestre est-ce en la profondeur de la mer azurée qu'ils se sont mariés ? Agamemnon...


Citation n°3 de Jean MORÉAS (Iphigénie)

...Néréides dansent en formant des choeurs. Ô hyménée, hymen ! Que le plaisir abonde ! Que l'enfant phrygien au visage attrayant, réjouissant l'esprit des dieux, verse à la ronde dans les cratères d'or le breuvage brillant ! Portant un présent champêtre, on vit soudain apparaître les centaures au beau crin ; tout couronnés de verdure, ils brandissaient une dure pique faite de sapin. Ils criaient :...


Citation n°4 de Jean MORÉAS (Iphigénie)

...deuil et les regrets, vous ferez retentir des chants qui seront dignes d'Artémis au grand coeur qui lance au loin ses traits et parcourt sur un char Claros féconde en vignes. Où sont les vases d'or et les libations ? Que la flamme à l'autel consume les offrandes ! Ô rapide Artémis, qui règnes sur les monts, je donne sans trembler le sang que tu demandes. Voici ma chevelure et mon front...


Citation n°5 de Jean MORÉAS (Iphigénie)

...reine, de ta fille et plaignent ton malheur. Du prophète Calchas la figure assombrie domine l'assemblée, il se recueille, il prie. Puis il place le glaive aux tranchants acérés dans la corbeille d'or entre les grains sacrés, et couronne le front de la vierge immobile. L'arbitre des combats, le magnanime Achille, dont le dessein hardi cède à la volonté extrême de ta fille, a sur l'autel...


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